Arthur Lambert met en lumière les états transformés de la nature et de l'être. S'extraire du monde est une des clés pour accéder à ce voyage fantastique au sein de son langage codé et secret.
Ces« illuminations intérieures» permettent d'initier une quête entre l'esprit et la matière. Un funambule entre l'esprit et la matière


••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••


Peintre ayant collaboré avec l'artiste écossais Richard Wright, après quoi il vécut un temps dans la forêt mythique de Brocéliande, Arthur Lambert semble avoir déjà eu plusieurs vies. Fort de ces expériences artistiques, esthétiques et personnelles, il délaissa progressivement la peinture figurative sur toile pour porter son attention sur l'aquarelle et sur la disparition/dissolution de la figure humaine. De la peinture, il en retient le goût pour la couleur, la vibration des lignes et des formes faisant intervenir de plus en plus la dimension abstraite et optique de ses oeuvres. L'usage du papier lui permet d'affirmer la matérialité du dessin en permutant, de temps en temps, les différentes techniques et supports: gouache, feuille d'or, peinture sur photographie, papier japonais. Enrichi des principes alchimiques, les titres de ses oeuvres sont des mots d'esprit afin d'en relever le potentiel symbolique et mystique. Marchant sur un fil, Arthur Lambert avance avec précision et maîtrise de tous ses outils. Dessiner, selon lui, c'est faire l'expérience d'un monde, regarder une parcelle de cet univers commun et le traverser, l'éprouver. Exigeant une grande concentration, ses oeuvres font appel à des techniques tant anciennes qu'actuelles afin de créer une architecture sensible et structurée à partir du nombre d'or. Se référant aux arts premiers, il en capte l'impact formel et la dimension magique. De la symbolique forte du cercle ou d'une forme empruntée à la mandorle, ses oeuvres sont des passerelles entre les techniques et entre les mondes. Cosmogonies actuelles, imaginaires célestes et mystiques, elles convoquent des symboliques très fortes à partir de ces formes primaires qui se télescopent. Jouant sur notre perception et notre appréhension optique voire haptique, les motifs et textures mis en exergue par Arthur Lambert deviennent des systèmes solaires et cosmiques où la saturation des trames s'allie à une dimension spirituelle. L'alchimie, en trame de fond de ces oeuvres, s'exerce telle une transformation de la réalité en une fiction poétique et miraculeuse. Arthur Lambert met en lumière ces états transformés de la nature et de l'être. S'extraire du monde est une des clés pour accéder à ce voyage fantastique au sein de son langage codé et secret. Images allégoriques et mystérieuses oscillant entre le naturel, le surnaturel, le divin et l'humain, ces« illuminations» permettent d'initier une quête entre le céleste et le terrestre, entre l'objet et le sujet. Chacun est invité à déchiffrer cette musicalité formelle afin d'éprouver les contours de ces paysages intérieurs.

A tightrope walker between the spiritual and the material

A painter who worked with the Scottish artist Richard Wright before living for a time in the legendary Brocéliande forest, Arthur Lambert seems to have already lived several lives. With these artistic, aesthetic and personal experiences, he gradually abandoned figurative painting on canvas and became interested in watercolour and the disappearance/dissolution of the human figure. He retains of painting the passion for colour, the vibration of lines and shapes, while his works increasingly reveal their abstract, optical dimension. The use of paper allows him to assert the materiality of drawing, and he draws with a variety of different techniques and media: gouache, gold leaf, painting on a photograph, Japanese paper.
Walking on a wire, Arthur Lambert progresses with precision and mastery of all his tools. According to him, drawing is tantamount to experiencing a world, looking at a splinter of this shared universe and crossing it, feeling it. Demanding great concentration, his works involve both old and modern techniques in the creation of a sensible architecture based on the golden number. Drawing inspiration from tribal art, he captures its formal impact and magical dimension. Pervaded by the strong symbolism of the circle or of a form based on the Mandorla, his works span a variety of techniques and bridges different worlds. Current cosmologies, reflections of heavenly and mystical dimensions, they summon strong symbolism from primary forms that clash with each other. Playing on our optical, or haptic, apprehension, the patterns and textures highlighted by Arthur Lambert become cosmic and solar systems where textural saturation is combined with a spiritual dimension. Forming the background of his works, alchemy contributes to this transformation of reality into a poetic and miraculous fiction.
Arthur Lambert highlights these transformed states of nature and being. Removing oneself from the world is one of the keys to unlocking this fantastic journey within a secret, coded language. Allegorical and mysterious images ranging from the natural, the supernatural, the divine and the human, these “illuminations” allow the artist to initiate a search between the heavenly and the earthly, between object and subject. Everyone is invited to decipher the musicality of forms and test the boundaries of these interior landscapes.

 


par Marianne Derrien